Justice Travail

Licenciement économique collectif : PSE, procédure et droits des salariés

En bref

Le licenciement économique collectif concerne au moins 2 salariés sur une période de 30 jours. Lorsque 10 licenciements ou plus sont envisagés dans une entreprise de 50+ salariés, un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) est obligatoire. Ce plan doit prévoir des mesures concrètes pour éviter ou limiter les licenciements et faciliter le reclassement. L'absence ou l'insuffisance du PSE entraîne la nullité de toute la procédure. Les critères d'ordre des licenciements doivent respecter les charges familiales, l'ancienneté, la situation sociale et les qualités professionnelles des salariés.

Licenciement économique collectif : PSE, procédure et droits des salariés

Lorsqu'une entreprise doit se séparer de plusieurs salariés pour des raisons économiques, la procédure est nettement plus encadrée que pour un licenciement économique individuel. Le Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) devient notamment obligatoire dans certains cas.

Rappel : qu'est-ce qu'un licenciement économique ?

Comme pour le licenciement individuel, le motif économique repose sur des causes non inhérentes à la personne du salarié : difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation nécessaire ou cessation d'activité (article L.1233-3 du Code du travail).

Si le juge estime le motif insuffisant, les licenciements seront requalifiés en licenciements abusifs.

Le Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE)

Le PSE est obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés dès lors que 10 licenciements ou plus sont envisagés sur une période de 30 jours.

Contenu du PSE

Le plan doit comporter des mesures concrètes pour :

  • Éviter les licenciements : réduction du temps de travail, reclassement interne, mobilité géographique
  • Limiter leur nombre : départs volontaires, préretraites
  • Faciliter le reclassement : aide à la création d'entreprise, formations de reconversion, aide à la mobilité

Validation par l'administration

Le PSE doit être validé ou homologué par la DREETS (ex-DIRECCTE). Sans cette validation, aucune notification de licenciement ne peut être envoyée.

Sanctions

L'absence ou l'insuffisance du PSE entraîne la nullité de toute la procédure. Les salariés peuvent alors obtenir leur réintégration ou des indemnités majorées, comme dans le cas d'un licenciement nul.

Les critères d'ordre des licenciements

L'employeur ne peut pas choisir librement quels salariés licencier. Il doit appliquer des critères d'ordre définis par la convention collective ou, à défaut, par la loi :

  1. Charges familiales (personnes à charge)
  2. Ancienneté dans l'entreprise
  3. Situation sociale (handicap, difficultés de réinsertion professionnelle)
  4. Qualités professionnelles appréciées par catégorie

Le non-respect de ces critères expose l'employeur à une amende et ouvre droit à des dommages et intérêts pour les salariés lésés.

Procédure selon le nombre de licenciements

De 2 à 9 licenciements

  • Consultation des représentants du personnel (CSE)
  • Entretien préalable individuel obligatoire
  • Délai de notification : 7 jours ouvrables (non-cadre) / 15 jours (cadre)
  • Lettre recommandée mentionnant le motif économique, la priorité de réembauche et les mesures d'accompagnement

10 licenciements ou plus (entreprise < 50 salariés)

  • Consultation du CSE en deux réunions espacées de 14 jours maximum
  • Notification à la DREETS avant l'envoi des lettres de licenciement
  • Pas d'entretien préalable individuel obligatoire
  • Délai de notification : 30 jours après la notification à l'administration

10 licenciements ou plus (entreprise ≥ 50 salariés)

  • PSE obligatoire (voir ci-dessus)
  • Consultation du CSE sur le projet de restructuration et le PSE
  • Nombre de réunions variable selon l'ampleur du projet
  • Notification des licenciements au minimum 30 jours après validation/homologation du PSE par la DREETS

L'information de l'administration

Dans tous les cas, l'employeur doit informer la DREETS dans les 8 jours suivant la notification aux salariés. Le manquement expose à une amende pouvant atteindre 3 750 € par salarié concerné.

Vos recours face à un licenciement collectif

Plusieurs moyens de contestation s'offrent à vous :

  • Contester le motif économique : les difficultés sont-elles réelles et suffisantes ?
  • Vérifier le PSE : les mesures proposées sont-elles suffisantes ?
  • Contrôler les critères d'ordre : ont-ils été correctement appliqués ?
  • Examiner la procédure : les délais et consultations ont-ils été respectés ?

Le délai pour saisir le conseil de prud'hommes est de 12 mois à compter de la notification du licenciement.

R

Rédaction juridique

Équipe de juristes spécialisés en droit du travail, dédiée à l'accompagnement des salariés.

Équipe de juristes en droit du travail

Mis à jour le

Articles similaires

Découvrez aussi : Salaires impayés

Nos guides pour récupérer vos salaires, primes et heures supplémentaires.