Les 3 composantes d'une indemnité de licenciement
Quand un salarié est licencié en France, le calcul de son indemnisation repose sur trois briques juridiques distinctes, dont deux sont alternatives (jamais cumulables entre elles).
1. L'indemnité légale de licenciement
Prévue par l'article L1234-9 du Code du travail, elle est due à tout salarié licencié ayant au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue, sauf en cas de faute grave ou lourde. Son calcul :
- 1/4 de mois de salaire brut par année d'ancienneté, jusqu'à 10 ans
- 1/3 de mois par année au-delà de 10 ans
Exemple : un salarié avec 12 ans d'ancienneté et 3 000 € brut/mois perçoit (10 × 0,25 × 3 000) + (2 × 0,333 × 3 000) = 9 500 €.
2. Le barème Macron (licenciement sans cause réelle et sérieuse)
Lorsque le licenciement est jugé injustifié par le Conseil de prud'hommes, des dommages-intérêts s'ajoutent à l'indemnité légale. Le barème Macron (art. L1235-3 C. trav., ordonnances de 2017) fixe :
- Un plancher (de 1 à 3 mois selon l'ancienneté)
- Un plafond (de 1 à 20 mois selon l'ancienneté, avec une grille spécifique pour les entreprises de moins de 11 salariés)
3. Le licenciement nul
Dans les situations où le licenciement porte atteinte à une liberté fondamentale (harcèlement moral ou sexuel, discrimination, salarié protégé, congé maternité, grève, dénonciation de faits de harcèlement), le juge prononce la nullité. Le barème Macron est alors inapplicable : le plancher est porté à 6 mois de salaire, sans plafond légal.
Alternatives, pas cumul
Un même licenciement ne peut pas être à la fois sans cause réelle et sérieuse et nul. Le juge retient une seule qualification. La stratégie classique d'un avocat en droit du travail consiste à plaider la nullité lorsqu'elle est plausible : le plancher est plus élevé (6 mois vs 3 mois) et l'absence de plafond permet d'obtenir bien plus si le préjudice est important.
Autres indemnités (cumulables indépendamment)
S'ajoutent à l'indemnité de licenciement, dans tous les cas :
- L'indemnité compensatrice de préavis
- L'indemnité compensatrice de congés payés non pris
- Le cas échéant, la contrepartie d'une clause de non-concurrence